L’intervention se déroule sous anesthésie générale et dure entre 1h30 et 2h. Avant l’intervention, la position actuelle et future du mamelon et de l’aréole sont mesurées, ainsi que le tour de l’aréole, qui est généralement un peu agrandi. Lors d’un lifting mammaire pur sans modification du volume, une nouvelle forme est créée avec le tissu mammaire existant afin de repositionner le volume plus haut dans le sein. Le défi consiste à obtenir un « upper pole fullness » (pleineur du quadrant supérieur). Certains chirurgiens optent rapidement pour la pose d’une petite prothèse mammaire, mais nous évitons cela autant que possible lorsqu’on ne le juge pas nécessaire. Le tissu mammaire de la partie inférieure du sein est tunnelisé vers la partie supérieure. Certains parlent d’« autoprosthèse » ou d’une prothèse mammaire faite avec le propre tissu mammaire. La forme du sein est légèrement « surcorrigée », ce qui fait que le quadrant supérieur du sein paraît un peu trop bombé les premières semaines, tandis que la partie inférieure est un peu trop tendue. Après quelques semaines, la forme normale du sein réapparaît. Si cela n’est pas fait, une récidive de la ptose (affaissement) survient souvent, ce qui est bien sûr décevant. La peau étirée est alors tendue sur la nouvelle forme du sein et l’excès de peau est retiré. Après la fermeture des bords de la plaie, il reste une cicatrice autour de l’aréole et une cicatrice verticale entre l’aréole et le pli sous-mammaire. Parfois, il y a aussi une petite cicatrice dans le pli sous le sein. Souvent, un drain de Redon est placé, qui est retiré juste avant votre départ. Vous n’avez pas besoin de passer la nuit à la clinique après l’intervention.
Lorsqu’il y a trop peu de volume, un agrandissement simultané du sein est réalisé par transfert de graisse (lipofilling) ou par prothèse mammaire. Le lipofilling est devenu assez populaire ces dernières années, mais ne remplace pas encore la prothèse mammaire. Un problème avec le lipofilling du sein (contrairement au visage) est que jusqu’à 50 % du volume injecté est perdu par résorption de la graisse, ce qui nécessite 2 séances ou plus pour obtenir une augmentation de volume visible (environ un demi bonnet). Un autre problème avec le lipofilling est que le tissu graisseux, contrairement à une prothèse mammaire, est assez compressible, ce qui rend difficile d’obtenir une « projection » du sein (distance entre la cage thoracique et le mamelon), si bien que le sein devient plutôt un disque large et plat au lieu d’une forme conique et jeune que l’on peut obtenir avec une prothèse mammaire.